Chapitre 5

Nous avons attendue trois semaines avant de pouvoir signer le bail et obtenir les clefs de notre local, tout avait été vidé, nettoyé même, une chape de béton avait été coulé sur la terre battue de la salle à l’arrière. Le budget des travaux avait éclaté tout était à refaire du sol au plafond de plus j’avais perdu par ma faute l’aide précieuse de mon mari et de ses amis. J’avais fait la connaissance d’un jeune homme a une fête et commencé une relation amoureuse, mon couple battait de l’aile depuis longtemps.
Voulant être honnête, j’avais mis au courant mon mari, ne voulant pas être taxée de profiteuse. Ce dernier eut un mouvement de jalousie alors que je croyais que tout était clair entre nous et décida de ne pas m’aider.
Isabelle était furax
— Tu aurais dû attendre pour lui dire à cause de tes conneries on est dans la Merde !
— Ne t’en fais pas, je vais tout prendre en charge.
— Je ne suis pas manuelle pour deux sous, ne compte pas trop sur moi !

J’ai bien compris à ce moment-là que j’avais peut être commis une erreur d’appréciation, mais bon c’était trop tard, tous les papiers étaient signés. Alors bon an, mal an, il fallait faire avec.

En tout cas moi je pouvais me regarder dans un miroir, je n’étais pas une menteuse !
Je me suis transformée en homme de chantier et avec l’aide du copain de ma soeur, Christian, nous avons détruit des cloisons, arraché la frisette, sablé les belles pierres dorées qui se trouvaient dessous. Heureusement qu’il était là pour m’aider, il a pris le rôle de maître d’oeuvre et grâce à lui en quelques semaines naissait le restaurant.

Isabelle passait de temps en temps faire l’inspecteur des travaux finis, bien propre dans son petit tailleur elle s’essayait au relationnel client. Même dans ce rôle elle n’était pas très bonne, voulant jouer la commerçante elle gloussait trop fort aux plaisanteries, roucoulait auprès de la gente masculine. Nos nouvelles copines ne la voyaient pas d’un bon œil et commençaient à la juger.
Ce qui me valait un questionnement permanent dès qu’elle avait le dos tourné.
— Mais pourquoi tu t’es associé avec elle ?
— Madame fume des bouts dorés et ne veut pas se salir les mains, elle se prend pour qui ?
J’évitais de répondre me sentant fautive à cause du coût des travaux, je disais que l’on s’était accordées comme cela.
Une fois de plus, j’étais trop gentille, je savais d’avance que j’allais m’en voir avec elle, radine, menteuse et en plus feignasse.

J’avais tiré le gros lot !
Les cheveux en bataille couverte de poussière je la retrouvais à la terrasse en face pour boire un café, le quartier était déjà partagé en deux à notre propos. Josiane et son mari appréciait Isabelle. Avec moi, je sentais une réticence, plus le temps avançait, l’ouverture se précisait, je ne me faisais pas avoir par leurs simagrées et belles paroles.
— Le soleil brille pouR tout le monde, vous êtes super les filles !

 Tu parles, on va être en concurrence directe, chante beau merle !
Elle s’amusait à répandre notre différence auprès de sa clientèle et ne donnait pas chère de notre association, alors ces coups de lèches bottes ne me touchaient pas. J’avais une infiltrée parmi les demoiselles du quartier et cela personne ne s’en doutait.
 Le hasard des rencontres encore une fois avait joué à plein !
Un an auparavant, j’avais fait la connaissance par le biais de mon travail d’une femme d’une cinquantaine d’année qui m’avait énormément touchée. J’exerçais la profession d’enquêtrice pour un institut de sondage, dans le cadre d’une étude sur des chocolats j’avais interrogé Ginette qui avait répondu très gentiment à mon questionnaire. Une femme énergique pleine de bonne humeur, tous les matins elle se levait aux aurores pour faire des ménages à la gare de Perrache et semblait heureuse de sa situation. Lorsque je lui avais demandé si elle avait des enfants son regard s’était brouillé d’humidité.
— Oui j’ai un fils, cela fait longtemps que je ne l’ai pas vu, excusez-moi je suis ridicule de pleurer comme une gamine.
Elle s’était vite ressaisi et de sa voix éraillée de fumeuse de gitanes.
— On croit bien faire, moi j’ai tout quitté pour l’élever et du coup il s’est éloigné dès qu’il a été en âge de voler de ses propres ailes. C’est ainsi !
A l’époque je n’en su pas plus, sa tristesse m’avait atteinte et je m’étais fait un devoir de la rappeler pour le questionnaire de retour après avoir testé le produit. Normalement j’aurais dû le déléguer a une collègue, mon instinct me disait que je devais le faire, j’en avais profité pour avoir de ses nouvelles, elle était heureuse son fils avait téléphoné. Je l’avais recroisé plusieurs fois et papotais avec elle à chaque occasion de façon très cordiale.
J’ai retrouvé Ginette un soir attablée avec les prostituées les plus âgées du quartier, rigolant aux éclats, l’une lui indiqua à voix basse que j’étais la nouvelle propriétaire du bar en se retournant elle s’écria :
— Ah mais c’est ma copine. Elle est super gentille ! Les filles ça va changer, c’est quelqu’un de bien !
Elle m’embrassa comme du bon pain et d’un coup le regard de ses femmes à mon égard changea, je me sentais adopté.
J’étais accepté par les anciennes et compris d’emblée que je n’aurais aucun souci avec elles.
Gigi comme on l’appelait me rendait visite régulièrement sur le chantier, petit à petit elle me dévoilait son histoire.
Elle était parisienne d’origine, d’une famille modeste à 21 ans elle avait pris en charge sa famille son père étant décédé, elle était devenu la première femme chauffeur de taxis de la capitale. Elle avait très bien gagné sa vie et s’était mis a fréquenté les lieux de nuits ou l’argent et le champagne coulaient à flot. Elle y avait rencontré l’homme de sa vie, antiquaire Suisse il lui fit connaitre la grande vie, de palaces en casinos, elle se laissa prendre au jeu. Petit à petit il ferma les robinets et lui fit comprendre qu’avec son physique, magnifique brune aux yeux verts, elle pouvait continuer à vivre ainsi. Par amour et pour l’argent facile elle avait plié. Au début avec des clients triés sur le volet puis elle déménagea sur Lyon rue de Brest sur un bout de trottoir, son homme l’avait abandonné ou plutôt lui rendait visite de temps en temps. Il n’avait pas besoin de son argent, des activités obscures le tenait éloigné, il faisait comme beaucoup de gros bras à l’époque parti du SAC.
Le Service d’Action Civique, milice privée de De Gaulle au début créé pour combattre les gauchistes, y participaient des anciens résistants ensuite des pros Algérie Françaises, un mailletage des renseignements sur le territoire hors du système politique. Posséder la carte de ce réseau ouvrait le Sésame d’informations précieuses qui ne furent pas toutes utilisées pour le patriotisme. Le milieu s’’y infiltra et sous couvert de services rendus à la nation obtint un genre d’immunité. On fermait les yeux sur leurs exactions tant que cela ne dérangeait pas le pouvoir en place. Début des années 80 son homme est mort d’après ce que j’ai compris, elle avait un enfant de dix ans, elle a arrêté la prostitution et ne trouvant pas de travail vu son
parcours, faisait des ménages et parfois servait de garde du corps le soir auprès de ses anciennes collègues.
 Confidences pour confidences, pour moi c’était l’aubaine, j’allais enfin en savoir plus sur ma tante !
Je racontais a Gigi ce que je savais sur Marie, puisqu’elle avait elle aussi tenue le siège de l’église, forcément elle devait la connaitre. Elle me répondit qu’elle voyait vaguement qui c’était, mais ne voulut pas m’en dire plus. Elle me fit comprendre que si je voulais être tranquille il ne fallait pas que j’en parle dans le milieu l’omerta était de mise.
Il y avait deux clans les anciennes qui étaient toute affranchies c’est-à-dire qu’elles travaillaient pour elles. Propriétaires de leurs appartements, elles choisissaient leurs clients et ne pratiquaient pas l’abattage. La cinquantaine bien tassée pour la plupart le quartier était leur fief. Dans un périmètre de deux pâtés de maison, elles se tenaient en bas de chaque porte, s’interpellaient d’un coté de rue à l’autre avec leurs accents du sud, la plupart venaient des Bouches du Rhône. Commères, elles voyaient tout, saluaient, les commerçants, les employées toujours un petit mot gentil, rien n’échappait à leur vigilance. Vers 10 heures du matin elles étaient en poste sur leur bout de trottoir, leur clientèle n’avait pas de honte à se montrer, gardiennes du quartier le calme régnait.En fin d’après-midi elles finissaient leur journée et laissaient place aux jeunettes, comme elles disaient.

Des filles plus jeunes prenaient place en milieu de journée et taffaient le soir, apparemment une bonne entente régnait entre les deux générations.
Mais à y voir de plus près il y avait un désaccord profond, les temps avaient changés, avant les caïds étaient des Monsieur. Les plus âgées avaient connu ses hommes du grand banditisme
— Ils avaient un code d’honneur !
disaient-elles.
— Pas comme les petit voyous près a tiré sur n’importe qui pour une poignée de dollars que l’on voit maintenant!
Les jeunes drainaient une autre clientèle, les passes étaient rapides, la vulgarité était de mise aussi bien dans le langage que dans les tenues. Une faune gravitait autour, mon bar avait été le point de ralliement de tout ce petit monde du temps de l’ancien propriétaire.
 Décidemment, mon destin était scellé, tout s’était mis en place malgré moi. Je me retrouvais sur les traces de ma tante sans l’avoir cherché !

En belle lettre lumineuse, je fis installé l’enseigne un jour avant l’ouverture, je ne savais pas trop quelles allait être les réactions.
 A vrai dire intérieurement je rigolais d’avance, après avoir digéré ce pied de nez de la vie !
Lorsque Jacqueline, ma tante, avait monté les statuts de la Sarl, elle m’avait demandé le nom de l’établissement, forte de mon idée de jardin je lui répondis.
— Le Patio, c’est joli, non ?
Après vérification elle me dit :
— Il faut que tu changes de nom, c’est déjà pris par une autre société si tu ne veux pas être embêté, trouves en un autre.
J’étais colère rien ne venait, je lui dis :
— Tu as un dictionnaire, je veux un nom qui commence par P et qui fait penser à un jardin.
Je l’ouvris a la lettre, regarda rapidement et au bout de trois minute :
— Voilà, j’ai trouvé : ce sera le Priape : dieux grec des jardins, c’est super !
Très contente de moi, je ne lus pas plus loin la définition et l’on statua avec ce mot.
Quelques jours plus tard, en voyant Claude je lui annonçais que tout était Ok.
— Bientôt un nouveau resto sera en bas de chez toi, il s’appellera Le Priape.
Je vis un regard interloqué, suivit d’un grand éclat de rire.
— Tu ne manques pas d’air, tu l’as fait exprès ou quoi ?
Je le regardai sans comprendre, il s’en rendit compte.
— Ben quoi, le priapisme tu connais ?
— Non pourquoi ?
— C’est une maladie, les mecs qui l’ont, bandent sans arrêt, dans un quartier de prostituées c’est raccord ah ah…
J’étais complètement déconfite il fallait que je vérifie, je pris un dictionnaire. « Priape : protecteur des jardins et des troupeaux, est un dieu de la fertilité, c’est un dieu ithyphallique, On reconnaît Priape par son gigantesque pénis constamment en érection »
L’inauguration se fit début septembre.
Les débuts étaient prometteurs, nous faisions restaurant le midi et bar le restant de la journée. J’avais pris en main la partie restauration, Isabelle venait pour le service du midi et reprenait le soir à partir de 17 heures pour le bar.
J’étais heureuse je me sentais indépendante on ne se marchait pas sur les pieds. Je m’occupais des achats, des menus avec Franck, on s’entendait bien. Les clients du restaurant se fidélisaient et bientôt on devint un des bistrots qui marchait le mieux dans les alentours.
Vers 8 heures du matin c’était la levée de rideau, entrait en scène mes premières clientes.
 Eh non ! Vous vous trompez !
En ville tout un tas de personnes travaillaient, moi j’avais les vendeuses et employées des boutiques et bureaux, se levant tôt pour prendre les transports urbains jusque-là. Certaines avaient pris leurs habitudes et constituaient mes habituées matinales, elles appréciaient ma présence féminine et sentaient à l’aise au Priape.
La politique de la ville avait débarrassée le centre Lyon de la populace. Michel Noir, nouveau maire, voulait en faire une ville propre, son ambition était grande, voir Présidentiel !
Les bureaux avaient remplacés les appartements des ouvriers, recasés en banlieue proche, la spéculation immobilière marchait à plein rendement. Seuls les riches commerçants, notaires banquiers et autres professions aux forts revenus pouvaient se payer le luxe d’y vivre. Tel un vortex ce point stratégique au petit matin absorbait les petites mains pleines d’énergie et les rejetait le soir usées, fatiguées en périphérie dans des faubourgs gris, loin des lumières de la ville.

Parmi ma clientèle la différence sociale était marqué par la possession ou pas d’une voiture.

Tiens cela me rappelle une autre situation !
D’un côté celles qui œuvraient dans les magasins chics, tirées à quatre épingles, habillée avec les marques qu’elles vendaient un peu coincées au premier abord.
De l’autre les petites secrétaires de bureau ou vendeuses de prêt à porter tel que Pimkie ou Camaieu, ces magasins bon marché qui avaient envahis la rue de la République.
Au début elles ne se parlaient pas, se regardaient de travers les unes toisant les autres, j’avais l’impression d’être dans une partie de Go, a qui remporterait le territoire.
 Elles n’allaient pas me bouffer le trognon, très longtemps !
Je détestais les jugements à l’emporte-pièce, je les appréciais toutes et réussie en peu de temps à établir un équilibre. Elles s’embrassaient comme du bon pain et se séparaient en courant pour ne pas être en retard, après des bavardages qui n’en finissaient plus. C’était une époque où les femmes s’émancipaient, elles avaient vu pour la plupart leur mère dépendre du chef de famille, et se retrouvaient avec une paye leur permettant d’être à la mode, ce sujet était le premier dans la hiérarchie de leurs préoccupations.
 Moi c’était plutôt, combien de couverts ce midi ?
La gente masculine se tenait dans le bistrot d’en face, accoudé au comptoir, tournant la tête comme des veaux regardant passer le train lorsqu’une belle poussait la porte de mon établissement.
De temps à autres un ou deux s’aventuraient en coq au milieu de ma basse-cour mais n’arrivant pas à y régner, retournaient la queue entre les jambes au sourire mielleux de Josiane. Je la voyais glousser derrière son comptoir aux récits de ces messieurs éconduits.
Bien sûr j’avais quelques clients hommes, ils arrivaient en fin de matinée à l’heure de l’apéro, des commerçants et artisans, les conversations changeaient de ton. Les affaires, la politique et le foot, leur rivalité se mesurait à celui qui parlait le plus fort, faisait le meilleur jeu de mot.
 Ils me pompaient l’air avec leurs blagues à deux balles !
Isabelle débarquait à onze heures trente, pour la mise en place des tables, je la laissait avec eux et filais dans la deuxième salle pour en faire de même. Je vérifiais avec Franck que sa mise en place soit faite et fumais ma clope tranquille dans la cour avant le rush du midi.
En deux heures de temps soixante-dix personnes minimum se ruaient sur le buffet de crudités à volonté que j’avais eu l’idée d’installé, les plats du jour avaient aussi un beau succès. Pas trop cher, frais et bon, on était devenu le resto à la mode du coin.
Une chouette ambiance, les assiettes valsaient dans tous les sens, les rires fusaient de tous côtés.

 J’étais au top, la vie était belle, j’avais réussie !
Vers 14 heures, le calme revenait il fallait tout ranger nettoyer, Isabelle prenait la poudre d’escampette dès qu’elle le pouvait, son art était l’esquive devant toutes taches rebutantes.
Pendant le service elle sillonnait de table en table avec son sourire de tiroir-caisse ouvert, faisait des salamalecs aux clients les plus fortunés et négligeait ceux qui à ses yeux ne pouvaient pas le remplir.
Madame jouait à la patronne, personne n’était dupe de son manège et lorsqu’elle décida de ne plus venir le midi parce qu’elle finissait tard le soir, tout le monde fut soulagé.
Le début d’après-midi était un moment privilégié de la journée, je pouvais enfin me poser, manger avec le personnel et faire un point sur le service. Les discussions allaient bon train sur tout et n’importe quoi, la clientèle passait en revue, constitué à 70% d’habitués, on connaissait et s’amusait des mimiques et petites manies de certains. Pendant une heure le quartier faisait la sieste plus une fille dans la rue, quelques piétons affairés.
 Le calme plat après la tempête !
Généralement arrivé 15 heures, Bella était la première, elle passait par la cour et l’arrière salle pour prendre son petit noir, ses congénères déboulaient les unes après les autres pour se joindre à elle et là commençait une conversation irréelle.
Ces femmes aguerries de la vie se racontaient avec leurs ressentis, telles des midinettes, le résumé du soap américain « Les feux de l’amour. Elles en étaient fan, j’arrivais à en pleurer de rire en les entendant se chamailler sur la destinée de leur héros. Les Newman, Abbott, Carlton faisaient partie de leur vie, elles en parlaient comme de leur famille, étaient tristes à la mort de l’un, outrée des mensonges et infidélités de l’autre.
— C’est une garce, il a eu raison de la faire cocu.
— Je ne suis pas d’accord, elle est malheureuse, c’est pour ça qu’elle lui ment.
— Oh ! t’as vu comme il est beau, pour lui ce serait gratos… !
— C’est sûr que si je l’avais dans mon lit, je n’enfilerais pas des perles.
Leur part d’humanité se révélait au fil de leurs conversations, en temps ordinaires on ne pouvait pas trop savoir leurs états d’âme. Leurs vécues je l’apprenais du bout de leurs lèvres avec parcimonie, lorsque vraiment elles se sentaient en confiance. Trop bavarde était un défaut, le mensonge valait mieux dans ce milieu !
En fin de compte, elles étaient femme comme les autres, chagrins d’amour, jalousie, envie, blessure d’enfance, toute la palette des sentiments prenait les couleurs d’une vie ordinaire.
Le reste de la journée se déroulait avec des gens de passage descendu en ville pour quelques achats et paperasseries, Isabelle reprenait le flambeau, nous discutions pour faire le point. Puis je retournais m’occuper des miens, je m’étais séparée de mon mari, vivais avec mon nouvel amour et m’occupais de ma merveille, mon fils adoré.
Le temps passait très vite, pendant 1 bonne année ce fût mon rythme je pensais que cela durerait ainsi longtemps.

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